Cléo de Mérode (1875-1966)

Cléopâtre-Diane de Mérode, fille de Vincentia Marie Cecilia (dite Cense) de Mérode et d’un père inconnu, est née à Paris, au 79 rue de la Montagne Sainte-Geneviève (Ve arrdt). Elle fit une carrière de danseuse, classique à ses débuts, mais fut surtout connue par sa beauté, par ses aventures amoureuses avec des célébrités et par son immersion dans les milieux artistiques et intellectuels,  qui en firent une icône de la Belle Epoque, au point de symboliser la « demi-mondaine » dans l’imaginaire collectif et d’en éclipser le prototype, Marie Duplessis, la « Dame aux camélias ». Simone de Beauvoir la cite d’ailleurs à ce titre en 1949 dans « le Deuxième Sexe », ce qui lui vaudra un procès, intenté et gagné par Cléo de Mérode. Elle était cependant –contrairement à ses aînées Liane de Pougy, Emilienne d’Alençon, Blanche d’Antigny, Valtesse de La Bigne et Marthe de Florian- une authentique aristocrate, puisque sa mère, née à Mödling en Autriche-Hongrie, était –d’après son acte de décès en 1899- la fille de Ferdinand Vincent, baron « de Mérode de Hullfling » (en réalité de Mérode –Houffalize) et de Constance Eléonore Vincentia Cecilia, comtesse de Berchtold.

Acte de naissance de Cléo de Mérode (archives de l’état-civil de Paris)

Cléo servit de modèle à de nombreux artistes, peintres (Toulouse-Lautrec, Degas) et sculpteurs (Falguière) mais c’est surtout la photographie qui popularisa son image : Paul Nadar (fils de Félix), Léopold-Emile Reutlinger, Charles Ogereau, Wilhelm Benque, Henri Manuel, la prirent pour modèle. Elle n’échappa pas aux caricaturistes, tels que Fernand Fau, Charles Léandre ou Lucien Métivet (ami de Paul Nadar et de Toulouse-Lautrec). Grâce aux journaux et aux cartes postales, sa coiffure « en bandeaux » (séparant les cheveux au milieu du front et les ramenant sur les côtés du visage en cachant les oreilles) fut rapidement copiée durant la Belle Epoque. Elle apparaît ainsi comme précurseur de notre époque, toujours friande de top-models, de tapage médiatique et de people.

Tombe de Cléo de Mérode au cimetière du Père Lachaise ; le visage de la statue se retrouve sur un bas-relief en marbre de 1909 conservé aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

La tombe de Cleo de Mérode, ornée d’une sculpture de l’espagnol Luis de Périnat, se trouve dans la 90e division du cimetière parisien du Père Lachaise, à l’angle de l’avenue Transversale 3 et de l’avenue Carette, non loin de la tombe de l’humoriste tourquennois Bézu (immortel interprète de « La queueleuleu »).

Portraits de Cléo de Mérode dans l’album Reutlinger, consultables sur gallica.bnf.fr

Un membre de la famille de Mérode, le prince Emmanuel de Mérode, épousa en 2003 la paléontologue Louise Leakey, dont le grand-père (Louis) et le père  (Richard) furent de célèbres paléoanthropologues, qui ont travaillé sur les fossiles humains et pré-humains d’Oludvai (Tanzanie) et du lac Turkana (Kenya).

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